Inde – Focus sur l’économie : Réforme fiscale et démonétisation

L’économie indienne a commencé 2017 de manière chaotique mais a repris au deuxième trimestre. La production industrielle a chuté en février et les indicateurs de pré-commercialisation des fabricants et des services sont arrivés à des niveaux faibles au premier trimestre. Cependant, l’activité économique s’améliore après les pénuries de liquidités liées à la démonetisation au cours des mois précédents. Pendant ce temps, la réforme fiscale la plus importante du pays depuis des décennies envoie des signaux positifs au début du mois d’avril, alors que la législation sur la réforme de la taxation sur les biens et services (« Good and services taxation » GST) a été approuvée au Parlement. Une législation supplémentaire doit encore être adoptée par les assemblées d’état et les taux d’imposition spécifiques doivent encore être fixés avant la date de déploiement du 1er juillet prévue. Ci-dessous, nous aborderons les deux sujets d’actualité de l’économie indienne: la réforme fiscale des biens et services et la démonétisation.

L’impact de la réforme fiscal des produits et services sur l’économie indienne

La taxe sur les produits et services (« Good and services taxation » GST) est une fiscalité indirecte en Inde dont l’objectif est de fusionner la plupart des systèmes existants en système unique. La GST est une taxe indirecte globale sur la fabrication, la vente et la consommation de biens et de services dans toute l’Inde (sauf l’État de Jammu et le Cachemire), afin de remplacer les taxes existantes perçues par les gouvernements. On s’attend à ce que ce système modifie la structure fiscale indirecte complexe du pays, et facilite les signatures d’affaires dans le pays. Parmi les nombreux avantages attendus de cette réforme, les exportations devraient devenir plus compétitives car le régime de la GST éliminera l’impact en cascade des taxes. Une étude du Conseil national d’étude économique appliquée a suggéré que la GST pourrait stimuler la croissance du PIB en Inde de 0,9 à 1,7%. « La GST est une arme clé («brahmastra» comme on dirait en Inde) pour le produit intérieur brut de l’Inde en période de contexte mondial difficile », déclare Sunil Kanoria, président du syndicat d’Assocham. Dans le même temps, la GST entraînera la création d’un marché unifié, ce qui facilitera le mouvement des marchandises entre les États et réduira le coût de transaction des entreprises. Pour demander un crédit d’impôt sur les fournitures de bien et service grâce à la GST, chaque acheteur est incité à demander la documentation fiscale de ses fournisseurs dans la chaîne de valeur / taxe. Ainsi, le nouveau régime fiscal est considéré comme moins intrusif, plus autonome et donc un moyen plus efficace de réduire la corruption et d’améliorer la conformité fiscale. Cela incitera également les entreprises à favoriser l’achat à des fournisseurs inscrits. Cela pourrait générer des revenus supplémentaires pour le gouvernement, car pas mal d’entreprises qui ne font pas partie à l’heure actuelle de la chaîne de valeur, pourraient s’y intégrer pour bénéficier du crédit d’impôt.Le nettoyage du système fiscal de l’Inde réduira le nombre d’exemptions de taxes. Selon les estimations du gouvernement, l’Inde perd environ 2,7% du PIB en raison des exemptions. Cependant, le taux d’imposition des services pourrait dépasser le niveau actuel de 15% (y compris Krishi Kalyan Cess). En vertu du régime fiscal de la GST, ce taux d’imposition pourrait aller jusqu’à 18%.En conséquence, la mise en œuvre de la GST devrait entraîner une hausse temporaire de l’inflation, qui durera généralement une année, a déclaré DBS Bank dans un communiqué. Mais la banque s’attend également à ce que l’impact sur l’inflation s’efface progressivement en raison de l’effet de base. L’inflation au cours de la deuxième année après la mise en œuvre de la GST évoluera favorablement car les chiffres seraient comparés aux chiffres déjà élevés de la première année d’implantation.

 

 

Queue à la banque pour échanger des billets de 500 et 1000 roupies- Salt Lake City – Kolkata.

En novembre 2016, lors d’une attaque majeure contre l’argent noir, la fausse monnaie et la corruption, le Premier ministre Narendra Modi a annoncé la démonétisation des billets de 1000 et 500 roupies ce qui rend ces billets invalides. L’objectif est clairement celui d’un exercice de nettoyage. Cependant, son impact est ressenti par tous les citoyens indiens. La démonetisation a affecté l’économie au niveau de la liquidité. Près de 86% de la valeur de la monnaie en circulation a été retirée sans en remplacer la majeure partie de celle-ci, déclenchant ainsi une pénurie de trésorerie.Le manque de devises entrave la consommation, l’investissement, la production, l’emploi, etc. Dans ce contexte, la démonetisation peut produire des effets à court terme / à long terme / consommation / investissement, bien-être / et finalement de croissance sur l’économie indienne. L’intensité des effets de démonetisation dépend clairement de la durée des chocs de liquidité. La démonetisation créé des pertes de revenu et de bien-être inévitables pour les secteurs pauvres de la société qui obtiennent un revenu en fonction de leur travail quotidien ainsi que pour ceux qui n’ont pas la culture de transaction numérique. Les activités économiques globales seront amorties à court terme. Mais les avantages non mesurables d’avoir plus de transparence et de volume réduit d’activités en argent noir peuvent être considérés comme des avantages à long terme.